Eolienne industrielle : solution ou arnaque

A qui profite l’argent des éoliennes ?

D’abord, selon les différents vocables, à leurs promoteurs, développeurs, opérateurs.
Avec un tarif de rachat d’électricité de 82 euros le mégawattheure, chaque éolienne de 2 MW garantit à son promoteur 360 000 euros de revenu annuel pour un temps de fonctionnement moyen annuel de 2 200 heures.

Une opération rentable. Le coût de l’éolienne installée se situe, selon France Energie éolienne, entre 1 million et 1,3 million d’euros. Soit un amortissement entre trois et cinq ans maximum.

Pas étonnant qu’elles aient le vent en poupe.

On comprend mieux dès lors le mistral de spéculations que fait souffler cette source d’énergie. Le vent vaut de l’or.
C’est ainsi que le groupe Suez a acheté 50,1 % des parts de la Compagnie du vent, spécialisée dans la promotion d’éoliennes, pour un montant de 321 millions d’euros.
Or, le chiffre d’affaires de la Compagnie du vent se limite à 11 millions d’euros. Mais elle serait « riche » de signatures d’élus pour des permis de construire permettant la production de 2 000 MW.

« Ce qui valorise chaque mégawattheure à plus de 300 000 euros, poursuit Christian Gerondeau.
Avec 6 à 10 éoliennes et une puissance de 12 à 30 MW, la valeur de chaque signature obtenue varie de plus de 3 millions d’euros à près de 10 millions. Le tout sans le moindre risque. »

La manne profite aussi aux fabricants (essentiellement allemands, danois, espagnols).
Les grands groupes ne s’y trompent pas et investissent en masse.
Quelques exemples : Areva a acheté 51 % de la société Multibrid, un concepteur et fabricant d’éoliennes basé en Allemagne et spécialisé dans les turbines offshore de grande puissance, valorisant l’entreprise à 150 millions d’euros.
De son côté, Alstom a pris le contrôle d’Ecotècnia, une entreprise espagnole qui fabrique et commercialise des éoliennes, pour un montant de 350 millions d’euros.
L’argent s’envole, avec quelques retombées – bien plus modestes – pour les propriétaires des terrains et pour les communes.

Les premiers se voient attribuer un loyer de 1 000 à 2 500 euros par an et par éolienne.
Les secondes perçoivent annuellement, par le biais de la taxe professionnelle, 500 à 700 euros par an et par mégawatt, après une période de déduction fiscale au bénéfice du développeur.
On compte aussi quelques retombées pour l’emploi : 5 000 ont été créés, selon le Syndicat des énergies renouvelables, via les bureaux d’études, le travail d’installation et de maintenance des parcs.

Mais rien pour les riverains, qui se plaignent d’une dépréciation de leur bien immobilier.
Aucune étude n’ayant été effectuée, Notaires de France ne peut confirmer cette donnée.
Un signe éloquent toutefois : le groupe d’assurances MMA propose un contrat « garantie revente » qui couvre la perte de valeur de revente des propriétés, notamment en cas d’implantation d’éoliennes à proximité…

Comment se monte un projet ?

Une petite brise suffit.
Le grand reproche des associations, c’est le manque de transparence dans la création des sites éoliens.
« Dans la majorité des cas, les projets sont montés à l’insu des habitants, affirme Jean-Louis Butré.
Des promoteurs démarchent des agriculteurs et leur font signer des promesses de bail en faisant miroiter un revenu supplémentaire.

Puis ils persuadent les élus avec deux arguments : la taxe professionnelle et l’action citoyenne pour lutter contre le réchauffement climatique.
Dans les faits, on constate que nombre d’éoliennes sont situées sur un terrain appartenant aux élus des communes. »

Un diagnostic à peine nuancé par Jean-Yves Grandidier.

« Nous essayons d’obtenir une délibération du conseil municipal pour une étude d’implantation, tout en s’assurant la disposition du foncier par la signature de promesses de bail. Les études coûtent cher. »
Celles-ci sont à la charge du promoteur qui choisit le bureau d’études.
Elles intègrent une enquête sur l’impact des éoliennes sur les oiseaux et une étude sur le bruit.
De fortes nuisances ne rendent pas pour autant le projet caduc.

Le promoteur peut modifier l’implantation des éoliennes ou proposer, dans son dossier, des mesures compensatoires : contrat d’agriculture durable, aides pour l’achat de friches, proposition d’équipements tels que des visualisateurs de ligne à haute tension pour les oiseaux…

Du vent et des verroteries, selon les associations.

L’étude d’impact est jointe à la demande de permis de construire déposée dans la commune, qui la transmet dans les quinze jours à la Direction départementale de l’équipement (DDE).
Celle-ci examine la légalité du dossier, puis le communique à tous les services de l’Etat concernés (Diren, Drire, Direction de l’aviation civile, Service départemental de l’architecture et des paysages, etc.).

Tous émettent un avis – favorable ou défavorable –, qui reste uniquement consultatif. Une majorité d’avis négatifs n’empêche pas l’obtention du permis ! Le dossier est ensuite transmis à la préfecture, qui lance une enquête publique.
Puis le tribunal administratif nomme un commissaire-enquêteur, souvent un retraité de l’administration… des gendarmes, des douaniers… pas forcément spécialisés…
L’enquêteur rencontre les élus des communes et organise des permanences à jours fixes. Théoriquement, toute personne qui le souhaite peut consulter le dossier et déposer son avis sur un registre.

Elle doit faire vite, le vent presse, l’enquête ne dure qu’un mois. Puis le commissaire-enquêteur remet, avec avis, son rapport au préfet qui accorde ou non le permis de construire.
Missionnaire de l’Etat, le préfet se trouve souvent en position délicate. Entre le marteau et l’enclume, sa décision est, selon le cas, contestée au tribunal administratif, soit par les associations, soit par le promoteur.
Le recours n’arrête pas le processus, mais, dans la pratique, le projet peut être suspendu jusqu’au jugement. En 2004, 33 % des permis accordés ont fait l’objet d’un recours et 27 % en 2005.

Depuis juillet 2007, les ZDE sont initiées par les communes ou les communautés de communes.
Elles définissent un périmètre apte à recevoir des éoliennes répondant à trois critères : un potentiel éolien (donc, théoriquement, du vent), une possibilité de raccordement au réseau et la prise en considération des paysages et des monuments.

Pour Henri de Lepinet, président de l’Union Rempart, qui regroupe des associations de sauvegarde du patrimoine, « le risque aujourd’hui est de voir proliférer une profusion de ZDE sur l’ensemble du territoire de façon à multiplier les possibilités d’installer des éoliennes. » Peut-être n’a-t-il pas tort.
Des éoliennes sur un seul village, et la manne que représente la taxe professionnelle bénéficie dans ce cas à toute la communauté de communes.

Sont-elles bruyantes et dangereuses ?

«Vivre près d’une éolienne, c’est subir le bruit d’une centrifugeuse », raconte Auguste Dupont, habitant de Sortosville dont le logement est situé à 320 mètres d’une éolienne.
« Avec les vibrations des pales, poursuit-il, ma maison construite sur une dalle de ciment se fissure. »

Le ronronnement du frottement des pales se mêle aux grincements provenant des engrenages de l’appareil.
Le bruit n’est pas permanent, mais son intensité et sa portée varient en fonction de la vitesse et de l’orientation du vent, et de la topographie des lieux.

« Des études sont réalisées par les opérateurs. Et la règlementation impose que le bruit ne dépasse pas 3 décibels la nuit et 5 décibels le jour, explique Jean-Louis Bal, directeur des énergies renouvelables à l’Ademe.
Des progrès sont réalisés et les dernières générations d’éoliennes sont moins bruyantes. »

Le problème est réel, au point que l’Académie de médecine a pris position.
Elle recommande d’installer les éoliennes d’une puissance supérieure à 2,5 MW à plus de 1 500 mètres des habitations, en rappelant qu’à des intensités modérées, le bruit peut perturber le sommeil, entraîner des réactions de stress et se répercuter sur l’état général.

Au-delà du bruit et des paysages, les parcs éoliens perturbent l’activité des radars et en particulier des radars météorologiques qui permettent de détecter les vitesses des vents et de prévoir des événements climatiques tels que les tempêtes, les tornades…
Un comble ! Mais, comme dit le proverbe, qui sème le vent…

Extrait Article paru au Figaro signé de Martine Betti-Cusso 11/02/2008

Site à consulter :

http://www.ventdecolere.org
http://www.thewindpower.net
http://www.environnementdurable.net

Fichiers pdf source : site vent de colère

Argumentaire Résumé
Arnaque Industrielle